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Vasily Shumov


“La Radio Speciale” pour des gens speciaux continue sa progression a travers les esprits et les ames de ses compatriotes et des “freres etrangers de l’intellect”. Aujourd’hui, l’invite de notre studio virtuel est un homme qui est toujours invisiblement present dans la vie musicale nationale, en y exercant meme jusqu’a ce jour une grande influence, peut-etre meme involontairement. Cet homme est devenu un personnage de livres, et, en meme temps, il dit qu’il ne veut pas vivre et se developper dans la conformite avec les lois du show-business contemporain. C’est un homme qui a deja depasse son epoque plusieurs fois. Chers auditeurs bien speciaux, c’est l’interview de Vassili Choumovoi.

Bonjour, Vassili. Notre “Radio Speciale” porte ce nom parce que nous travaillons avec du materiel qui est pour la plupart non-commercial. Ce nom est a la fois un peu ironique et triste. Les gens speciaux – ce sont ceux qui, respectivement, aiment et ecoutent cette musique. Et si on prend en consideration presque toute la musique se trouvant hors de l’industrie contemporaine des media, on voit que ces gens sont assez nombreux.

SR (“Spetsialnoie Radio”) – Vous considerez-vous comme une personne speciale, pas dans le sens d’une personne attiree par la radio speciale, mais dans le sens – une personne attiree par un AUTRE gout musical ?
VCh – Chacun est special dans son genre. Beaucoup de gens ne le sentent pas ou meme ne le soupconnent pas. Mes gouts musicaux sont divers. Vous parlez, peut-etre, de mes albums. Donc, du cote de mon ?uvre, elle est individuelle et n’est pas a destination des masses.

SR – La division de la musique en styles et en courants n’est pas tres correcte, vous trouvez ? C’est bien comprehensible que la division de la musique en speciale et en non-speciale est aussi tout a fait absurde. Est-ce que la musique est de l’art pur pour vous, dans le sens academique, si vous voulez ?
VCh – Ces derniers temps, la musique est devenue non seulement de l’art, mais aussi des technologies. C’est pourquoi, aujourd’hui, le compositeur travaille non seulement avec le son, mais aussi avec les ordinateurs et tout autre appareil ou programme. La musique reste toujours l’art le plus abstrait et il est difficile d’expliquer sa nature par les mots.

SR – Et quant a ce produit consomme par la plupart des gens des pays industrialises (et pas tres industrialises) – est-ce seulement “l’enfant de l’argent” ou un achevement logique (ou bien un stade) de l’art pur ?
VCh – Tout ca se rapporte au business. Le business est etudie dans les universites et toutes les sciences assimilees ont a leur base un axiome qui est que c’est l’argent qui fait tourner le monde et les gens sont prets a tout pour l’argent. Moi, je ne m’occupe pas du business et de ses implications dans le monde musical.

SR – Il y a des donnees statistiques qui determinent les produits, meme les produits musicaux, qui peuvent etre consommes par un auditeur moyen. Pouvez-vous decrire le produit musical ideal qui serait devore par tout le monde, y compris les industries des media de tout genre ?
VCh – Pour cela, allez donc chez le bouquiniste le plus proche, dans le rayon de la musique pop. Vous verrez un tas de manuels aux titres suivants tels que : “Comment ecrit-on un tube?” contenant des subdivisions d’apres les styles pop, rock, soul, blues, etc.

SR – Et, en principe, qu’est-ce qui differencie cette musique digeste de la musique indigeste ? De votre propre point de vue, bien sur, pas du point de vue des industries des media.
VCh – Tout ce qui se vend bien est considere comme digeste, tout ce qui se vent mal est tres mauvais pour la sante.

SR – Beaucoup d’auditeurs, y compris quelques-uns des notres (les auditeurs de “La Radio Speciale”) sont tres emus qu’on leur propose un produit tres difficilement digerable. Cette question n’est pas sur la reprobation de ceux qui ne comprennent pas. C’est la comprehension de soi qui est remise en question – est-ce possible que ce choix soit categorique – soit tu fais ce que tu aimes, soit tu fais ce qui est aime de tout le monde.
VCh – Et quant a la situation quand tu fais ce que personne n’aime et toi non plus. Ne l’oubliez pas. Ce cas est beaucoup plus grave. Que quelqu’un m’explique ce que l’on doit faire dans cette situation.

SR – Mais, parfois, on a ce terrible sentiment de la Bete dans “La Belle et la Bete” – qui est horrible a l’exterieur et bon a l’interieur. Ce n’est pas le sentiment de la solitude qui etreint, ou de tourment, non. Mais comment peut-on lutter contre ces disputes inutiles qui n’ont pas de sens ? Surtout quand le vin est tire, mais qu’on ne peut pas le boire souvent.
VCh – Je crois que c’est magnifique quand tout sentiment metaphysique apparait, en particulier celui de “La Belle et la Bete”. Il faut traiter ces sentiments tres attentivement et chercher a les developper. Alors, peut-etre que quelque chose deviendrait plus clair.

SR – Et les regles, existent-elles dans la musique, qu’en pensez-vous ? Si oui, lesquelles ?
VCh – Chacun suit ses propres regles. Et surtout si ces regles assurent un revenu.

SR – L’autre cote de la convention de la division de la musique en styles – c’est l’eclectisme. Ce terme, a-t-il le droit d’exister, dans le cas ou la division en styles est conventionnelle? On peut aller plus loin et dire que la musique est en partie d’un grand electisme dans la cacophonie mondiale, etc. Donc, qu’est-ce qu’il y a – est-ce seulement la realisation creatrice qui coute ?
VCh – Aujourd’hui, les styles n’existent que pour la simplification du processus de la vente de la musique et pour l’allegement du sort du “consumer “(ang.) lorsqu’il visite un magasin musical. Sans styles precisement determines, tout le systeme du show-business va s’ecrouler et toutes les radios avec leur format tomberont a leur tour.

SR – Et quel sera votre nouvel album? Est-ce qu’il existe deja quelques pensees sur le contenu ou les idees musicales ? Si on parle honnetement, moi, j’ai decide de vous demander une interview apres ce que j’avais entendu “La Robe Noire de la Veuve” (“Tcheurnoie platie vdovi”), tellement j’etais petrifie par cette chanson. D’ou vient ce theme? La chanson est-elle consacree a quelques evenements ou c’est de la douleur purement abstraite ?
VCh – L’album se trouve maintenant dans son premier stade. Deux compositions sont finies. Il est probable que ce printemps l’album sera entierement pret et alors ce sera plus clair en ce qui concerne les idees et le contenu. La composition “La Robe Noire de la Veuve” a ete commencee comme un theme a la guitare-basse. Puis, peu a peu, les autres parties sont apparues, et ,en conclusion, c’etaient le tour des guitares acoustiques et du texte. Je ne peux pas expliquer le contenu du texte. Je n’ecris jamais les textes sur quelques themes ou sous l’influence de quelques evenements. C’est plutot l’histoire de la solitude totale.

SR – On s’interesse beaucoup au destin de la “Radio Sovok”. Parlez-nous, s’il vous plait, de ce projet, sur quelle frequence avait lieu la radiodiffusion, ou cela en est-il maintenant? Autant que je sache, c’etait la premiere radio-internet russe ?
VCh – “Radio Sovdep”, si l’on parle plus precisement. Au milieu des annees 90, de nouvelles technologies sont apparues, permettant d’avoir la radio sur internet et n’exigeant pas de grandes depenses. J’avais une idee de prendre de courtes interviews des etudiants des differents pays qui faisaient leurs etudes dans les universites de Los-Angeles, de leur demander leurs premieres impressions sur l’Amerique, sur la Californie. J’ai prepare environ 30 emissions. Par exemple, un Danois a ete choque par les dimensions de la Californie, puisqu’il croyait que le Danemark etait un grand pays qui est en fait d’une longueur de 300 km et d’une largeur de 200 km…

SR – Votre studio, qu’est-ce qu’il represente actuellement? Quels musiciens travaillent avec vous?
VCh – Je fais chaque nouvel album en utilisant de nouvelles approches de studio. Dans cet album, je n’utilise que mon Mac Power Book et Logic Audio Platinum. Pour l’audio-entree/sortie, j’emploie Logic EMI 2/6. Tout le studio est transportable et peut etre pose dans un sac d’ordinateur.

SR –Actuellement, c’est la periode de la deception commune de l’internet en raison du declin global des technologies d’internet, etc. Quels sont vos rapports avec l’internet a l’heure actuelle? Est-ce toujours le champ essentiel de l’activite ou il y a tout de meme quelques esperances qui ne sont pas encore realisees?
VCh – L’internet est pour moi le distributeur optimal de mes travaux. Ce qui est bon, c’est ce que ses caracteristiques s’ameliorent toujours et tout se fait de plus en plus vite. C’est pourquoi je n’ai pas de griefs contre internet.

SR – Il existe la voie du the. Cette voie est suivie par les maitres des ceremonies de the. Est-ce qu’il y a une voie dans la musique suivie par les maitres des ceremonies musicales? Vous sentez-vous une de ces sortes de maitres de ceremonies musicales ?
VCh – Je me sens l’auteur de l’opus “La Robe Noire de la Veuve”.

SR – La question ne concerne pas notre theme, nais je voudrais bien vous la poser ))). Avez-vous actuellement quelques rapports avec le sport ? Puisque nos auditeurs, parmi les supporters de l’equipe CSKA, s’y interessent beaucoup. Avez encore quelques sentiments envers ce club ?
VCh – Le hockey est le seul sport qu’il est interessant de pratiquer pour moi. Je fais du hockey dans une equipe amatrice une fois par semaine pour me donner du tonus. En ce qui concerne CSKA, je soutiens ce club depuis mon enfance et je ne vois aucune raison pour que cela change.

SR – La derniere question, traditionnelle pour “La Radio Speciale” – quels seraient vos souhaits pour les musiciens qui debutent leur creation– quelles sont les fautes qu’ils doivent chercher a eviter, les voies qu’ils doivent chercher a suivre s’ils veulent creer leur propre musique ?
VCh – Si vous voulez creer votre musique et faire entendre votre voix, soyez prets a n’avoir que peu d’amis et de supporters. Vous serez seuls et ce sera meme plus grave quand vous deviendrez plus ages. Cela signifie que vous devrez chercher vous-meme d’autres moyens pour exister et couvrir les depenses liees a votre ?uvre. Moi, par exemple, je suis professeur a l’universite.

Le personnel de “La Radio Speciale” remercie tous ceux qui ont rendu cette interview possible.

Salut a tout le monde !

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